dimanche 13 septembre 2009

Maccarthysme et démocratie d'opinion


Ceux là mêmes qui crient à l’ostracisme, en se réclamant des droits de l’homme et de la justice, se comportent d’une manière identique à celle qu’ils dénoncent. Toutes ces polémiques rappellent la période du maccarthysme aux US où il suffisait d'un soupçon, d'une rumeur, d'un mot pour prononcer une sentence définitive, réclamer des démissions et mener une vie impossible à des journalistes, des fonctionnaires, des politiques, des hommes et des femmes...

Les medias qui ont alors eu à subir ces mauvais procès ont la mémoire bien courte lorsqu’ils en sont à leur tour les instigateurs, en gavant l’opinion de faux procès et en rendant une justice pour le moins expéditive…. Et cela concerne autant les Julien Dray que les Brice Hortefeux ou autres Bernard Kouchner....

Le remède ne peut se trouver que dans une éthique ferme ou dans la censure, espérons que l’oubli du premier ne conduira pas à la seconde.

L’enjeu est bien plus important qu’il n’y parait… Il ne s’agit pas seulement de protéger tel ou tel citoyen de notre démocratie d’une rumeur injuste ou d’un jugement expéditif, mais de savoir si nous voulons préserver une démocratie représentative ou si nous acceptons le règne de la démocratie d’opinion.

L’avènement de la démocratie d’opinion vers laquelle nous tendons donne les pouvoirs à ceux qui veulent le prendre et savent le mieux s’exonérer de toute éthique. Alors et sans mandat ni rançon électorale, ils pourront faire feu de tout bois et influencer l’opinion, financés par la publicité et les lobbies, autour d’une actualité purement éphémère, fondée non pas sur l’analyse de la gestion de l’Etat mais sur la dénonciation de personnalités qui n’agiraient pas en conformité avec une « morale » à géométrie variable.

samedi 12 septembre 2009

Pipolitique : A qui profite le scandale ?

Les hordes journalistiques et idéologiques sont déchainées, et un pitoyable "scandale" (Hortefeux) tente d'en effacer un autre (Le bourrage d'urnes au PS). Observons comme tous ces "scandales" tombent bien, des scandales de rentrée en quelque sorte ... Tout cela nous remet l'opinion en condition... lui redit que l'essentiel est dans l'accessoire et la vérité dans la spéculation.

Si le doute et l'accusation commandent le bon sens, alors que le bon sens commande aussi le doute sur les "dénonciateurs" de ces "scandales". Interrogeons nous sur leur opportunité, sur leur utilité, autant que sur leur consistance.

Si le postulat consiste à penser que tout pouvoir est corrompu à sa mesure, alors pourquoi le "quatrième pouvoir" celui des médias, ne serait-il pas entaché du même péché originel, quand il nous impose ad nauseam un programme éditorial de pipolitique réalité, alors que la démocratie a tant besoin d'idées, d'éclairages de fond, d'expertises.... Si nous doutons, alors mettons nos doutes en perspective, et demandons nous qui sont les bénéficiaires intermédiaires et ultimes de ces mises en scènes pipolitiques....

jeudi 10 septembre 2009

God-dam encore du bling-bling


La parution du livre de Nicolas Offenstadt, intitulé "l'histoire bling-bling, le retour du roman national" n'a pas manqué de me rappeler cette jolie tirade du Figaro de Beaumarchais qui débute ainsi : "Diable ! c'est une belle langue que l'anglais; il en faut peu pour aller loin. Avec God-dam en Angleterre, on ne manque de rien nulle part".

Il en est de même en France en 2009, "Bling bling" est l'expression magique.

I
l sufit de prononcer ces deux mots pour sous entendre un univers préalablement défini par les medias et entrainer un réflexe pavlovien. L'expression regroupe tout un attirail d'idées parachutées, de stéréotypes répétés et de pensées cadrées et limitées.

L'essentiel n'est pas dans sa 'richesse' (elle n'exprime du pouvoir qu'un jugement anecdotique) mais dans l'opportunité pour le microcosme médiatique de convaincre sans argumenter...

En commettant un ouvrage sur la portée historique du bling bling, ce qui est en soi un paradoxe, ne doit on pas craindre de faire un flop-flop ? Dans tous les cas, on peut douter légitimement de l'avenir d'un tel ouvrage qui a lui fort peu de chances d'entrer dans l'histoire !

mercredi 9 septembre 2009

PS : hold ups, arnaques et trahison, Belle amie, le monde selon K et autres fadaises....

Cette dernière médisance, à moins que ce ne soit calomnie, sera demain recouverte d'une autre, toujours destinée à vendre et à nuire... Mais bien sûr "on" ne devra pas mettre en doute l'éthique ni la crédibilité des auteurs, qui au contraire de ceux qu'ils décrivent, sont par nature (puisqu'ils s'opposent) désintéressés, objectifs et rigoureux...

La seule question à se poser est celle de notre capacité d'absorption de ces nouveaux jeux du cirque, qui distraient et détournent l'attention sur l'accessoire et le possible à défaut du prouvé, avec l'intention (à peine déguisée) de faire rejeter l'essentiel, sans qu'il soit plus besoin d'arguments ou d'analyse...

Ca "fait le boulot" tellement plus facilement.... Jusqu''où et jusqu'à quand accepterons nous d'être bernés par de faux justiciers et de vraies intoxications ?
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Débat sur le débat, les dérives de l'information

C'est une caricature qu'on nous donne chaque jour de l'information au prétexte d'être en ligne avec un lecteur que l'on a soi-même défini pour mieux pouvoir le formater.

Ainsi le mot polémique doit être l'un des qualificatifs les plus utilisés par la plupart des médias pour parler d'un débat ou d'une situation... Indiquant ainsi assez combien le débat focalise plus que le sujet du débat. C'est à dire qu'il s'agit pour la presse de s'exprimer à propos de l'affrontement entre porteurs d'arguments, en oubliant l'analyse de l'argument lui-même tellement plus intéressant et surtout essentiel pour l'avenir du citoyen et la construction de sa pensée démocratique....

Les médias se sont fait les arbitres des combats de gladiateurs du microcosme politique, quand beaucoup d'entre nous, simples citoyens, auraient aimé une approche pragmatique et analytique des contenus plutôt que des manières de dire...

Finalement, la presse politique, c'est un peu la grenouille qui aurait réussi à se faire plus grosse que le boeuf et qui essaierait de contraindre le boeuf à devenir grenouille, pour garder le pouvoir sur l'opinion...

Au fil de la désinformation, c'est la capacité de résistance du lecteur qui est atteinte et il finit par accepter la soupe qui lui est servie et par l'avaler toute chaude....