
Ceux là mêmes qui crient à l’ostracisme, en se réclamant des droits de l’homme et de la justice, se comportent d’une manière identique à celle qu’ils dénoncent. Toutes ces polémiques rappellent la période du maccarthysme aux US où il suffisait d'un soupçon, d'une rumeur, d'un mot pour prononcer une sentence définitive, réclamer des démissions et mener une vie impossible à des journalistes, des fonctionnaires, des politiques, des hommes et des femmes...
Les medias qui ont alors eu à subir ces mauvais procès ont la mémoire bien courte lorsqu’ils en sont à leur tour les instigateurs, en gavant l’opinion de faux procès et en rendant une justice pour le moins expéditive…. Et cela concerne autant les Julien Dray que les Brice Hortefeux ou autres Bernard Kouchner....
Le remède ne peut se trouver que dans une éthique ferme ou dans la censure, espérons que l’oubli du premier ne conduira pas à la seconde.
L’enjeu est bien plus important qu’il n’y parait… Il ne s’agit pas seulement de protéger tel ou tel citoyen de notre démocratie d’une rumeur injuste ou d’un jugement expéditif, mais de savoir si nous voulons préserver une démocratie représentative ou si nous acceptons le règne de la démocratie d’opinion.
L’avènement de la démocratie d’opinion vers laquelle nous tendons donne les pouvoirs à ceux qui veulent le prendre et savent le mieux s’exonérer de toute éthique. Alors et sans mandat ni rançon électorale, ils pourront faire feu de tout bois et influencer l’opinion, financés par la publicité et les lobbies, autour d’une actualité purement éphémère, fondée non pas sur l’analyse de la gestion de l’Etat mais sur la dénonciation de personnalités qui n’agiraient pas en conformité avec une « morale » à géométrie variable.

